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vendredi 5 octobre 2007

Un petit bilan du passage à Anderlecht

Alors que nous quittons Bruxelles pour Lampertheim, l’heure est venue de dresser un bilan de notre venue en Belgique.

La commune d’Anderlecht, l’une des 19 communes de la région Bruxelloise, nous a dévoilé quelques uns de ses aspects. Les différents acteurs administratifs pouvant être impliqués de près ou de loin dans la problématique des émissions de gaz à effet de serre ont fait preuve d’une grande disponibilité à notre égard.
Un parc de verdure et d´eau à Anderlecht

Nos rencontres à Anderlecht et un petit résumé de ce qu’elles ont pu nous apporter :

Nous avons tout d’abord rencontré M. Sébastien Coulon, le tout récent responsable « énergie » du service « Infrastructures communales », dont nous vous avons déjà parlé. Son poste a été créé dans le cadre du projet PLAGE (retrouvez plus de détails à ce sujet dans le précédent article intitulé « Bienvenue en Belgique »). Au-delà d’une présentation générale du contexte belge, il nous a expliqué la démarche mise en place récemment par la commune afin de instaurer une logique dans la gestion énergétique des 160 bâtiments publics.


Station Cambio sur la place de la mairie à Anderlecht, un système efficace de voitures partagées (Statistiques à Bruxelles : une telle voiture est utilisée 10 h par jour contre 1 pour une voiture de particulier)

M. Gosset est le représentant du service « mobilité » d’Anderlecht. Il nous a expliqué comment s’est mis en place en 2005 le plan communal de mobilité et son intérêt. La commune faisait partie des premières à en avoir établi un. Il s’agit d’un rapport présentant le constat de l’offre (et dans une autre mesure de la demande) en déplacement sur la commune, les scénarii d’amélioration en accord avec des objectifs fixés auparavant par la commune et les mesures à prendre pour réaliser ces améliorations. Ce plan permet à une municipalité d’organiser l’amélioration de son réseau de transport (tout moyens compris, stationnement compris). Anderlecht est une zone de transit importante entre l’extérieur et l’intérieur de Bruxelles (proche du « Ring », la ceinture autoroutière entourant Bruxelles). Ce plan est réalisé sur appel à projet par un bureau d’étude.
Illustration de la volonté de développement du vélo, cependant, le uccès n´est pas encore franc

Un « Plan de Déplacement d’Entreprise » a aussi été mis en place (obligatoire pour les entreprises d’une certaine taille). Il s’agit d’étudier les déplacements (dont domicile-travail) du personnel communal et de permettre aux employés d’utiliser des moyens de transport doux pour leurs déplacements professionnels. Ainsi, la commune s’est abonnée aux systèmes de prêt de vélo, de voitures et propose des titres de transport en commun (pour les déplacements professionnels). Nous nous arrêtons là par souci de concision, mais d’autres points nous ont intéressé dans le domaine de la mobilité à Anderlecht. Anderlecht est bien desservie par les transports en commun et 60 % des ménages possèdent une voiture (c’est élevé, mais parmi l’un des plus bas à Bruxelles).

Illustration de l´encombrement des routes (ici un carrefour à Anderlecht)

M. Demol, responsable du service Urbanisme nous a aussi accueilli. Il est apparu que ce secteur très complexe n’intégrait en général pas pour l’instant la problématique énergétique à sa gestion. La gestion urbanistique se base sur le Plan Particulier d’Affectation du Sol qui est accompagné de prescriptions ainsi que d’un rapport d’incidence environnementale. Il permet d’organiser les constructions et rénovations en imposant des critères (surface de bâtiment, type de bâtiment, hauteur, nature de l’occupation du bâtiment, surface d’espace vert, …). C’est donc un outil très intéressant. Dans un futur quartier, il est prévu que ce plan prévoit un cahier des charges de construction en éco-habitat. Signalons qu’un bâtiment passif fut en projet sur la commune, mais les lourdeurs politiques ont empêché sa construction.

Notre rencontre avec M. Demol


Plan d´affectation du sol par la région sur la commune d´Anderlecht

Sophie Ronsse est « éco-conseillère » dans la commune d’Anderlecht. Elle est donc chargé de répondre aux questions des habitants concernant l’environnement (déchet, énergie, éco-consommation, …). Les questions concernent le plus souvent les conditions d’attribution de subvention par la commune. La commune a en effet mis en place un système de primes (exemple pour un chauffe-eau solaire : 500 €) complémentaires des primes de la région Bruxelloise. Elle effectue aussi de la sensibilisation et gère le label « éco-dynamique » pour les bâtiments communaux qui l’ont obtenu (deux sites).

Enfin, à Anderlecht, nous avons rencontré Marie-Hélène Streurs, de la cellule développement durable. Embauchée pour mettre en place un Agenda 21, elle s’est ré-orientée vers la présentation de réponses aux appels à projet fédéraux et régionaux du fait de l’instabilité politique (élections et changement du conseil, décès du maire). Elle travaille pour essayer de rendre concret le développement durable dans la commune. Nous l’avons rencontrée pendant une formation qu’elle avait organisée pour les travailleurs sociaux de la commune. Cette formation s’inscrit dans un programme de sensibilisation aux économies d’énergie. Ce programme comprend aussi une formation à destination des personnes précarisées, une opération de sensibilisation dans trois écoles de la commune et une fête de clôture (courant octobre). Elle va maintenant se charger de mettre en place un projet d’Agenda 21, en réponse à un appel à projet régional.

Une rue à Anderlecht

Quelques remarques générales sur ces rencontres
· Nous nous sommes rendus compte du rôle important du pouvoir politique au sein d’une commune. Tous les projets doivent être soumis au conseil ou au collège communal.
· Nous avons pu en savoir plus sur les modalités d’application du projet PLAGE dans d’autres communes de Bruxelles (Ixelles et Watermael). La situation est ainsi bien différente d’une commune à l’autre. Bien que cela a un intéret, nous ne le détaillerons pas ici.
· Nous avons perçu que la commune n’est pas seule compétente sur son territoire, que la région a un rôle très important et que des associations peuvent jouer un rôle dans la gestion de la commune. Nous avons alors cherché à en savoir plus sur la région et son rôle.

A propos de la région
La région possède un grand service environnement : «Bruxelles Environnement» (anciennement l’IBGE) dont les compétences sont multiples. Ce service dispose d’un site Internet très fourni. Nous avons aussi pu nous rendre sur leur site de travail.
Dans le cadre de la semaine européenne de la mobilité, voici un tram polaire, tramway de sensibilisation aux transports en commun et leur imtéret en terme d´économie de CO2
« Bruxelles Environnement » édite de nombreux fascicules de communication, possède une cellule info (répondant aux appels de particuliers notamment), est chargé de distribuer une série de primes (pour la mise en place de chauffe-eau solaire et pour la réalisation de travaux d’isolation sur sa maison notamment), organise des conférences, coordonne le projet « défi-énergie », organise des actions de sensibilisation (comme la journée sans voiture le 23 septembre dans le cadre de la semaine de la mobilité)… Ils ont une action auprès des particuliers et des entreprises. Elle met aussi à disposition des « facilitateurs d’énergie » (gratuitement) dans les domaines du logement collectif, du tertiaire, des énergies renouvelables et de la cogénération. Ils répondent à des demandes, offrent des conseils, réalisent quelques audits énergétiques par an. Ce sont des bureaux d’études qui répondent à un appel à candidature de Bruxelles Environnement pour effectuer ce travail. Nous avons rencontré M. Fronhoffs (facilitateur d’énergie pour les logements collectifs) à ce sujet. Il nous a expliqué ce travail notamment. Les demandes augmentent de façon exponentielle ((enfin pas rigoureusement) 40 en 2005, 500 en 2006, 1000 estimées en 2007).
Le soleil se couche aussi à Bruxelles...

Comme d’habitude, nous aurions des « milliards de choses » à raconter encore. D’ailleurs l’une des difficultés de ce travail sera de dégager certaines informations importantes (et sur des données reproductibles) de toutes ces rencontres, qui se sont réalisées grâce, répétons le, à l’excellent accueil qui a été le plus souvent réservé au projet, même si nous n’avons pu rencontrer de personnes du ministère (régional) et d’élus municipaux.

La crise politique en Belgique

La Belgique est, depuis juillet 2007, au cœur de l’actualité en Europe. La raison ? L’échec de M. Leterme dans la mise en place d’un gouvernement et l’ombre qui a plané sur le pays au sujet d’une scission entre les Flandres et la Wallonie, plaçant dans le même temps Bruxelles, en situation totalement incertaine.

Drapeau étendu au balcon dans une rue Bruxelloise


La Belgique est partitionnée en trois régions :
- Les Flandres, au Nord de la Belgique, comptent environ 6 millions d’habitants néerlandophones et une économie actuelle florissante (taux de chômage de 6%). Dans le passé (notamment lors des exploitations minières), c’était à l’inverse une région en situation difficile.
- La Wallonie, au Sud, compte environ 3 millions d’habitants francophones. Sa situation économique actuelle est moins bonne (taux de chômage plus élevé [proche de 10 %], PIB/habitant moins élevé, …). Historiquement, l’économie Wallonne dominait la Belgique.
- La région Bruxelloise (19 communes formant un ensemble urbain dont Anderlecht) est un « îlot » dans les Flandres qui abrite environ 1 million d’habitants. Sa situation économique est un peu à part, puisqu’elle possède le plus fort taux de chômage, mais un entreprenariat dynamique. C’est aussi la capitale belge, et une capitale européenne. 85 à 90 % de sa population est francophone, 10 à 15 % néerlandophone. Beaucoup de Flamands viennent y travailler tous les jours.

NB : il existe une petite partie du territoire belge, à l’Est dont la population est germanophone.

Encore des drapeaux à Anderlecht


Le gouvernement belge est (jusque là) composé de Flamands et de Wallons. A la suite d’élections nationales (en juin 2007), une personne a été désignée pour construire un gouvernement. L’un des objectifs annoncés de ce futur gouvernement est de mener une réforme des institutions en revoyant notamment la distribution des pouvoirs entre l’état fédéral et les régions. A ce sujet, un désaccord profond sépare les principales classes politiques flamandes et wallonnes. En effet, du côté flamand, on souhaite que les trois régions bénéficient d’un pouvoir accru (dans la gestion de la sécurité sociale, des aides sociales, du pouvoir judiciaire, …). Côté wallon et plus généralement francophone, même s’il ne se dégage pas une unité d’opinion, on préfère conserver un état fédéral fort. Bruxelles est dans une situation incertaine mais présente l’avantage de pouvoir choisir son destin. Si les scénarii sont nombreux, l’éventualité pour Bruxelles d’être rattachée aux Flandres est toujours rejetée.





Observé à la gare


En attendant, la Belgique est sans gouvernement depuis 110 jours. Dans tout le pays, on trouve des partisans d’une séparation et leurs opposants. Du côté des opposants, des voix s’élèvent, notamment celles des artistes, pour clamer leur appartenance à la Belgique. Certains habitants et commerçants à Bruxelles manifestent leur « belgitude » comme vous pouvez le voir sur ces photos (sans que ce soit un raz-de-marée noir-jaune-rouge). Certains journaux (ici "le soir") décortiquent ces manifestations d’appartenance.

Le journal Le soir du vendredi 28 septembre


Depuis lundi 1er octobre, M. Leterme a été à nouveau chargé de former un gouvernement, après un travail de discussion et de rencontre effectué par M. Van Rampoi à la demande du roi, à la suite de l’échec de M. Leterme. La crise politique belge va ainsi peut-être trouver un dénouement. Mais les séquelles de cette crise ne seront probablement pas sans conséquences…

mercredi 26 septembre 2007

Bienvenue à Bruxelles

Ca y est, nous avons foulé le sol de Bruxelles, capitale de la Belgique, état en pleine tourmente politique. Après ces quelques jours d'imprégnation ponctués de deux rencontres, nous vous proposons ici un tour d'horizon du contexte belge et bruxellois que nous ornementerons de quelques clichés. Nous vous proposerons très prochainement un petit texte sur la situation politique belge actuelle.
La grand Place (maison des corporation)

Bruxelloise à vélo

Tour d’horizon du contexte belge

La Belgique et l'énergie
La Belgique compte 10,5 millions d’habitants. Ses émissions de gaz à effet de serre sont d’environ 4 t[d’équivalent CO2]/hab/an [France : 2,6 tonnes ; souhaitable : entre 0,5 et 1 tonne).

La Cathédrale Saint-Michel

Sa consommation énergétique était en 2003 de 38 Mtep soit environ 3,5 tep/hab (tonne équivalent pétrole ; 1 tep = 12000 kWh, 1 kWh est par exemple l’énergie consommée par un appareil d’une puissance de 1 kW pendant une heure). En France, elle était de 273 Mtep en 2006 soit 4,5 tep/hab.

A titre comparatif encore, une grande éolienne fournit 300 tep/an. Attention cependant, un habitant belge ne consomme pas 3,5 tep/an, il s’agit de la consommation du territoire (comprenant les activités industrielles, …). Un foyer consomme en moyenne 2 tep/an en Belgique.

37 % de l’énergie consommée est du pétrole, 37 % du gaz et 25 % de l’électricité. L’électricité est produite à environ 55 % par le nucléaire, 29 % par le gaz, 10 % par le charbon, 1% par les énergies renouvelables, le reste provenant de diverses sources.

Vue de la Cathédrale Saint-Michel

Sur la Grand Place


Les institutions belges
Les institutions belges (au cœur de la crise politique actuelle en Belgique) sont composées de plusieurs niveaux. Il est important d’avoir une idée de la répartition de leurs compétences dans le cadre de notre étude. Voici celles qui interviennent dans les décisions concernant les réductions des émissions de gaz à effet de serre :

1 – L’état fédéral : la Belgique

2 – Les 3 régions : Les Flandres, la Wallonie et la région de Bruxelles

3 – Les communes : ex : Anderlecht, la commune d’accueil du projet

[NB : il existe aussi les communauté francophone, néerlandophone et germanophone chargée en particulier de l’enseignement et de la culture]

Quelques explications complémentaires se trouveront dans l’article sur la crise politique belge.

"Claire Aubscur" à la Cathédrale Saint-Michel

Anderlecht
La commune d’Anderlecht (région Bruxelloise) abrite 90 000 habitants pour 1300 employés municipaux. Elle est dirigée par 30 élus constituant le conseil communal (se réunissant une fois par mois). Parmi ces 30 conseillers, 10 ont un statut particulier : le bourgmestre (équivalent d’un maire) et les 9 échevins (qui ont en charge plusieurs cellules parmi les 24 que l’on trouve à Anderlecht).

La mairie d'Anderlecht

Ces dix élus constituent le collège communal qui se réunit une fois par semaine. En début de mandat, le conseil décide de transférer certaines décisions au collège.

Les 24 services communaux

Notre première rencontre à Anderlecht
Nous avons rencontré mardi matin M. Sébastien Coulon. Il est le nouveau responsable énergétique des 160 bâtiments communaux. Son poste a été créé récemment à la suite d’un appel à projet de la région Bruxelloise auquel Anderlecht a répondu. Le projet s’intitule PLAGE (Plan Local d’Action pour la Gestion Energétique) et offrait un financement (500 000 € réparti en 7 communes) aux communes qui mettaient en place un agenda de prise en compte de la question énergétique. L’objectif de la région est que s’instaure dans chaque commune un service « énergie », constitué par une ou plusieurs personnes nouvelles ou déjà en place (comme dans une seconde commune, Ixelles, dont nous avons rencontré aujourd’hui deux acteurs). La première mesure mise en place est la constitution d’un cadastre énergétique. C'est-à-dire une fiche recensant tous les bâtiments communaux et leur consommation énergétique (besoins en chauffage et électricité). C’est un outil indispensable à la gestion énergétique de ces bâtiments car ils permettent l’établissement de priorités, d’objectifs et d’un suivi des résultats. Parfois ils mettent en évidence de mauvais réglages de chaudières, ou des erreurs dans les factures, ce qui permet de faire des économies extrêmement importantes facilement.

Affiche communicative pour des primes attribuées par la région bruxelloise

Si ce programme PLAGE va dans le bon sens, notons tout de même qu’il s’agit uniquement des 160 bâtiments communaux, dont l’amélioration sera très lente et dont la consommation énergétique représente une faible part de la consommation de la commune.

Si vous avez des questions …