mardi 22 janvier 2008

Budget limité - projets ambitieux : pas toujours incompatible en Bulgarie !

Voici la suite de la série bulgare EcoEnergy avec un épisode double qui concentre les aventures de deux villes, Belene et Lom, pour une seule intrigue.

La rue piétone de Belene sous près d'1 mètre de neige

Belene est l’une des plus petites municipalités de Bulgarie avec ses 12 000 âmes. Sa petite taille ne l’empêche pas d’être au cœur de l’actualité énergétique en Bulgarie. En effet, c’est dans cette commune que va se construire une centrale nucléaire dans les prochaines années. Prévue depuis deux décennies, ses travaux ont été maintes fois repoussés au changement de régime puis suite aux adaptations nécessaires aux normes européennes et au choix des investisseurs (qui devrait se terminer fin janvier). Mais nous ne développerons pas plus ce sujet que nous ne connaissons qu’assez peu finalement. Bordant le Danube (frontière naturelle avec la Roumanie), elle n’a pas développé d’activités portuaires du fait de la présence d’îles rétrécissant les voies navigables sur la portion de fleuve qui longe la ville. En revanche, ces îles offrent une grande diversité de flore et de faune, en particulier d’oiseaux migrateurs, qui ont justifié la création d’un parc naturel national. Celui-ci s’est en quelque sorte substitué à l’idée INAdaptée d’un port.

La place principale à Lom

Plus à l’Ouest (près de la frontière serbe) mais toujours sur le Danube, la ville de Lom abrite le 2ème port fluvial bulgare. La municipalité compte 5 villages autour de sa ville. Elle est très agricole, assez pauvre et est considérée par l’Etat comme n’ayant pas atteint un niveau de modernité élevé. En fait, à l’époque communiste, elle fut très industrielle mais après la révolution de 1989, la plupart des usines fermèrent mettant ainsi 80 % de la population active au chômage… Seule une brasserie assez connue en Bulgarie subsiste. Il n’est pas facile de s’en réjouir, mais l’EcoClub de l’une des deux écoles (7-18 ans) de la ville y trouve néanmoins un aspect positif : cela fait de la ville l’une des plus « propres » du pays… Maigre consolation.

M. Petar Dulev entouré de ses gorilles

Ces deux villes nous ont accueillis à elles deux un peu plus d’une semaine de la plus belle des façons. Nous avons pu rencontrer en particulier à Belene : M. Petar Dulev, le maire, Mme Margarita Pernikova (relation publique et autre fonction comme fréquemment dans ces petites villes où l’effectif de la mairie est réduit), et Dochka, une jeune bulgare émigrée à Morlaix (Bretagne) depuis 7 ans avec sa famille et en visite ici.

A partie de la droite : Douchka et Margarita

C’est elle qui nous a aidé à communiquer pendant ce séjour, car peu de personnes parlaient anglais lors de nos visites. A Lom, nous avons également rencontré Mme le maire, Penka Penkova alors que ce sont Rumyena Simeanova (du service « Programme Municipal de Développement ») et Silviya Ivanova (qui était ici interprète) qui ont été nos principales interlocutrices.

Mme Le maire de Lom, entourée de Rumiena à gauche et Silviya à droite

C’est ici que nous ont été présentés plusieurs exemples illustrant le partenariat public/privé dans le cadre d’une réhabilitation thermique de bâtiment public. C’est avec cette expérience acquise que nous pouvons maintenant parler de ce concept assez nouveau (du moins en Bulgarie) de contrat d’efficacité énergétique.

Des débuts remarqués à Lom

C’est à Lom que le premier contrat d’efficacité énergétique a été signé par une ville bulgare. La ville devait réaliser des travaux pour une école maternelle appelée « Chaperon rouge » et ses 180 chérubins. Du fait de l’absence d’isolation des murs et du toit et des fenêtres simplement vitrée en bois, il n’était pas possible pour les deux chaudières « antiques » d’assurer une température confortable dans les bâtiments en hiver. De son côté, la compagnie bulgare ENEMONA, spécialisée dans l’énergie, détenait des informations sur la ville et ses bâtiments. Elle souhaitait aussi dynamiser ses activités en se lançant dans un nouveau type de business, le contrat d’efficacité énergétique. Les compagnies qui proposent ce type de contrat sont appelées ESCO. Nous en avions déjà entendu parler à Brasov et très brièvement à Anderlecht.

Le collège de Belene ayant bénéficié d'un contrat ESCO

Un contrat à multiples facettes

Ce contrat prévoit que, lors d’une réhabilitation thermique, l’investissement de départ est réalisé uniquement par la firme. C’est aussi elle qui réalise les travaux. La ville paie ensuite pendant la durée du contrat sa facture énergétique (fortement réduite) et rembourse progressivement l’investissement sous forme de mensualités. L’établissement des termes du contrat est le résultat d’une équation complexe utilisant l’audit énergétique et intégrant les différentes contraintes de chaque partie ainsi que la contrainte de base du contrat, à savoir que le remboursement annuel est égal aux économies annuelles estimées. Autrement dit, la somme de la nouvelle facture (allégée) et du remboursement de l’investissement est à peu près égale à son ancienne facture énergétique (lorsque l’on ramène cette facture à l’année, car la facture varie d’une saison à l’autre).

Ce contrat est assez difficile ou long à expliquer. Cependant, ChallenGES Tour, qui n’a pas froid aux yeux, est prêt à relever le défi. Accrochez-vous !

Illustration

Voici un tableau issu de l’audit énergétique de la niche de Nestor le labrador, très peu efficace en énergie, quoique très cossu :


Dans le cas de cet habitat, comme dans celui de l’école qui a vu grandir le petit Chaperon Rouge, les signataires du contrat choisissent la combinaison de travaux qui répond le mieux à leurs critères.

Oublions un peu Nestor.

Ici les critères étaient :

Pour l’école :

- l’amélioration significative du confort des enfants et du personnel

- la réduction de la facture énergétique

- un retour sur investissement pas trop long (sans fixer de limites)

Pour la firme :

- la réalisation des travaux d’ampleur significative

- un retour sur investissement rapide (5 ans environ) notamment parce qu’il s’agit d’un projet pilote, et que des résultats sont attendus assez rapidement (afin de pouvoir reproduire ce type de contrat)

- l’implantation dans le décor de la ville (afin de remporter de futurs appels à projet)

Ainsi, dans l’école du chaperon rouge, l’investissement de départ fut de 57 500 €. Le toit et les murs ont été isolés (par l’extérieur), les chaudières remplacées, l’éclairage rénové, les vieilles fenêtres côté Nord remplacées par des fenêtres double vitrées en PVC, les autres ont été seulement réparées. Le contrat est signé pour une durée de 5 ans et 9 mois durant lesquels la ville va payer 840 €/mois et le montant de sa facture énergétique réduite.

A Belene, c’est une école de 700 élèves qui a fait l’objet d’un tel contrat l’été 2006. Les mêmes travaux ont été réalisé mais toutes les fenêtres ont été remplacées et un système automatisé (et relié par satellite à la firme installatrice) de suivi de la température et contrôle des chaudières a été installé. L’objectif est d’atteindre à la fin des travaux une consommation de 82 kWh/m²/an, ce qui est peu (surtout pour un vieux bâtiment).

Le Danube pour vous apaiser

Un résultat garanti

Une notion importante ici est la notion de résultat garanti pour la ville. C'est-à-dire que les deux parties se sont mises d’accords au début sur un taux d’économies d’énergie minimum à réaliser à travers les travaux. Par exemple, dans l’école concernée à Lom, la firme avait garanti 52 % d’économies d’énergie. L’école était donc assurée de ne pas payer plus de 48 % (en énergie) de son ancienne facture. Si tel était le cas, la firme aurait dû payer la différence. Dans un autre sens, l’objectif visé (l’estimation qui servait de base au contrat) était de 56 % d’économie d’énergie. Si cet objectif était dépassé, la ville s’engageait à verser le surplus d’économie à la firme. Ces transferts d’argent sont décidés lors des réunions d’une commission comprenant des membres des deux parties. A Belene, la firme a reçu un petit bonus en 2007 alors qu’à Lom, les résultats attendus ont été juste atteints.

Pour ajuster l’ampleur des travaux à réaliser, essayer d’optimiser ses bénéfices et pour permettre à la commission de prendre ses décisions, la firme contractante suit pendant la durée du contrat la consommation réelle du bâtiment avec l’aide d’experts de la ville.

Ancienne chaudière / nouvelle chaudière : qui est qui ?

Un contrat difficile à négocier qui a aussi ses limites

Vous l’aurez compris, l’estimation des économies d’énergies (et d’argent) constitue un enjeu crucial du contrat. Celle-ci est réalisée à la suite d’un audit énergétique réalisé en général par la firme contractante (ici ENEMONA). Mais comme l’ampleur de ses bénéfices dépend de cette estimation, elle ne doit pas être seule à réaliser l’audit. Ainsi, en général, des experts de la ville suivent cet audit de près afin de s’assurer de son impartialité. C’était le cas à Belene.

Le contrat a aussi ses limites en terme d’efficacité énergétique. Par exemple, à Lom, la firme souhaitait un contrat relativement court, ce qui a eu pour conséquence de limiter l’investissement de départ. Résultat : toutes les fenêtres n’ont pas été changées. Et cet investissement manquant ne sera pas réalisé de si tôt.

Une autre limite de taille est qu’il n’existe pas de législation (du moins en Bulgarie) qui encadre ce type de contrat scellant un partenariat public/privé. Or la ville n’est souvent pas suffisamment armée pour les négociations. Pour cela, il existe des experts en partenariat de ce type (de cabinets privés) mais ils sont très peu nombreux dans ce pays et c’est très cher. Nous avons eu la chance d’assister à une séance de négociation de ce type à Lom pour un projet relativement important de rénovation et de construction d’un réseau de chauffage à distance avec chaudière à paille. C’était en bulgare mais nous avons pu suivre le débat qui fut très intense. Lom était ce jour bien armé. La séance n’a pas abouti et a été reconduite…

Les bouts de chou ici sont maintenant à l'abri des hiver les plus froids

Malgré ses limites, ce concept est prometteur. C’est pourquoi nous avons souhaité en parler ici, quitte à y consacrer de nombreuses lignes. Difficile à négocier, ce type de contrat n’en reste pas moins la seule solution pour de nombreuses villes de rénover leurs bâtiments publics (écoles notamment). Ceci signifie respecter la loi, offrir un confort à ses citoyens, réduire (à terme) sa facture énergétique et réduire (immédiatement) ses émissions de gaz à effet de serre.

jeudi 17 janvier 2008

De l autre cote du Danube

En janvier, on repart d’un bon pied. Après avoir passé les fêtes à Brasov (Laure) et en Bretagne (Thomas), nous avons franchi le Danube pour nous rendre en Bulgarie. Le franchir, oui mais le quitter non. En effet, avant de nous éloigner de ce fleuve, nous avons rendu visite à 3 villes construites qui le bordent : Svishtov, Belene et Lom où nous sommes actuellement.
Scene de vie a Svishtov

Mais pour venir constater l’implication des villes bulgares en vue d’un avenir énergétique plus raisonnable, il nous a fallu enfiler nos capes d’aventurier. Dans un air à -10 ou -15°C, par delà plus d’1 mètre de neige (tombée en moins de 24h), il nous fallut encore décrypter un langage écrit trompeur puisque ici, l’alphabet utilisé est l’alphabet cyrillique. Pour vous donner un exemple, « PECTOPAHT » est « restaurant ». Certes il est plus proche du nôtre que du chinois ou de l’égyptien antique, mais pas du tout immédiat. Mais l’inestimable appui des locaux et des municipalités transforme cette apparente jungle en un parcours finalement peu semé d’embûches.

Ce séjour de 3 semaines en Bulgarie est pour nous l’occasion de serpenter au sein du réseau EcoEnergy (membre collectif d’Energie-Cités). Il s’agit d’un réseau d’ « entités » bulgares (actuellement composé uniquement de villes) impliquées dans l’amélioration de l’efficacité énergétique. Ce réseau est coordonné par EnEffect, centre pour l’efficacité énergétique basé à Sofia (Coфия en Cyrillique) et regroupant des experts du domaine. Nous aurons l’occasion de rencontrer une partie de l’équipe d’EnEffect donc nous en parlerons davantage plus tard.
Mais place maintenant à la première des villes de la série EcoEnergy (saison 1) : Svishtov (Cbищob en cyrillique).



Cathedrale orthodoxe "La Trinite"

Svishtov : un monitoring énergétique payant
Svishtov est une ville de 32 000 habitants qui abrite le 3ème plus important port du Danube. 15 villages autour de la ville font partie de la municipalité. A Svishtov, M. Ivan Mitev (Chef du département « Planning territorial, construction et politique d’investissement » …) et Mme Prodanova (Département intégration européenne et parlant anglais) nous ont fait part de 3 projets contribuant à l’amélioration de l’efficacité énergétique et à celle du confort de vie. L’idée de ces projets est venue du bon sens de M. Mitev à la vue du suivi des consommations énergétiques. Leur réalisation tient à leur nécessité et leur rentabilité.
Les deux protagonistes cites et Laure

1. Les 420 enfants (de 1 à 7 ans) des 4 écoles maternelles de la ville auront maintenant plus chaud en hiver. En effet, la rénovation thermique (isolation des murs et changement des fenêtres) de leurs écoles a été réalisée en 2007 avec un budget de 50 000 € par école. Les économies d’énergie et d’argent réalisées n’ont pas encore été mesurées (car c’est trop récent). Elles devraient atteindre 50 %. Mais en attendant, l’accroissement du confort s’est déjà fait sentir à l’école, et c’est déjà très important.

Admirez le nouvel isolant


2. Les 120 résidents de la maison d’accueil pour les personnes âgées de la ville se lavent maintenant avec une eau chauffée aux rayons du soleil. 25 panneaux solaires ont été installés sur le toit de la résidence. Grande consommatrice d’eau chaude toute l’année, cette structure était également bien située géographiquement pour ce type d’investissement qui s’est élevé à 16 000 €. Le retour sur investissement est de 4 ans, alors que la durée de vie des panneaux est d’au moins 15 ans. Cet investissement est donc tout à fait avantageux.

Les panneaux solaires enneiges...


3. L’éclairage public a été totalement repensé et rénové en deux temps (2002 pour la ville et 2006 pour les 15 villages de la municipalité). L’ancien était constitué de sources de lumières contenant des métaux lourds dangereux, était vétuste et éclairait autant le ciel que le sol. Dans le cadre d’un programme de l’état, la municipalité a réussi à obtenir le financement intégral du renouvellement de tout l’éclairage public (100 000 €). Si le nombre de sources lumineuses (100 et 150 W) a été multiplié par deux, les économies réalisées atteignent 50 % !


Au-delà de l’intérêt de ces trois mesures concrètes et utiles, nous voulons attirer l attention sur ce qui en est à l’origine : le suivi des consommations énergétiques (monitoring). A Svishtov, il est réalisé depuis 2002 à l’aide d’un programme informatique conçu et donné par EnEffect et de l’implication de différents acteurs (directeurs d’école, …) qui rentrent les montants des factures énergétiques, relèvent les compteurs, … Cette base de données est utilisée pour cibler les priorités d’intervention sur les infrastructures communales ainsi que le type d’intervention à réaliser. Elle permet également de mesurer les effets d’une action, ce qui peut permettre entre autres de voir si celle-ci est suffisante. Se doter d’un système de suivi des consommations est une première étape indispensable vers l’efficacité énergétique. A Svishtov, la suite logique sera la campagne Display® (affichage des performances énergétiques des bâtiments publics) à laquelle prennent part ou vont prendre part cette année 21 villes bulgares. Elle permettra en particulier de sensibiliser les enfants et de prouver à la population locale l’intérêt des travaux de rénovation thermique entrepris par la commune. Ceci pourrait pourquoi pas constituer une source d’inspiration…


L’exemple de Svishtov nous démontre l’intérêt du monitoring des consommations énergétiques. C’est un outil indispensable pour une gestion éclairée des projets ayant attrait à l’énergie dans la ville. On entend ici résonner ce précepte cher au CREM à Martigny « mesurer, comprendre, agir, transmettre ». « Mesurer, comprendre » c’est le monitoring. « Agir » par la réalisation de travaux (ou autres projets). «Ttransmettre » par la communication autour du projet, à travers par exemple la campagne Display®. Si la municipalité offre un cadre parfait pour le monitoring, celui-ci a aussi un intérêt pour d’autres entités (entreprises, ménages,...).

lundi 7 janvier 2008

Happy New Year

Bilingual article

English

More than 4 months after our departure under the sun in Martigny (Switzerland), leaves fell from the trees, night got longer and longer and now a heavy white coat covers the landscape. As you can see, wind has blown in the wind-turbine. During that time, we moved step by step to the Eastern Europe. We are now in the North of Bulgaria (in the city of Svishtov) where it was snowing a lot a few days ago. Roads were impracticable but now the situation is slowly getting better.

Dam of Emosson (Martigny, Switzerland)

Our migration permitted us to discuss with many actors from 13 cities from 8 European countries.

Freiburg (Germany)

The meetings we had in each places helped us to understand the role of cities in the struggle against climate change and in the intelligent management of energy. We also noticed the necessary interactions between the city and its environment (composed of companies, state, associations, society, European Union, energy market …). These fields -the struggle against climate change and the intelligent management of energy- are always growing in complex contexts which change from one country to another, from one region to another, from one city to another. If the involvement of a city toward a sustainable energy policy often relies on a few women and men, we noticed that there are external means to encourage the involvement of the cities as the exchanging of experiments, the rewarding at the European or national level of the good city managements, the participation in European projects, laws about energy. The Energie-Cités association acts in this way at the European scale with its database of good practices, its different projects (Model, Display, Reve Jura-Leman, Imagine…) and the influence it tries to have on a part of the European Commission. At the national scale, the CREM and the “Cities of Energy” associa other tion (in Switzerland), OER (in Romania), EnEffect (in Bulgaria) or FEWE (in Poland), areexamples of those actors which promote sustainable energy in cities.

Place Stanislas (Nancy, France)

Through the ChallenGES Tour project, we identified several actions undertaken by cities which contribute to curb the global warming. After a dressing of information when we come back to France, we will send them to each city we visited and perhaps to others with the help of Energie-Cités association.

Grande place (Brussels, Belgium)

Meanwhile, we wish you a happy new year. Let’s hope that 2008 will be more and more intelligent in the field of energy and rich in involvement and innovation coming from the cities (and others).


The old Rhein (Lampertheim, Germany)

Französich

Plus de 4 mois après notre départ sous le soleil de Martigny (Suisse), les feuilles ont quitté leurs branches, la nuit a pris le dessus sur le jour et aujourd’hui, un manteau épais de neige recouvre tout de blanc. Vous l’aurez compris, de l’eau s’est écoulée dans les turbines hydrauliques, du vent a fait tourner les ailes des éoliennes. Pendant ce temps, nous avons migré étape par étape vers l’Est de l’Europe. Nous nous trouvons maintenant au Nord de la Bulgarie (dans la ville de Svishtov) où s’est abattue une tempête de neige il y a quelques jours. La circulation sur les routes redevient partiellement possible après avoir été sérieusement perturbée.

In Zlin (Czech Republic)

Notre voyage nous a permis de nous entretenir avec de nombreux acteurs de 13 villes de 8 pays européens.

Crakow (Poland)

Ces rencontres nous ont aidés à comprendre le rôle des villes dans la lutte contre le réchauffement climatique et dans la gestion raisonnée de l’énergie. Nous avons aussi pu constater les interactions nécessaires entre la ville et son environnement (composé de sociétés, de l’état, des associations, de la société, de l’Union Européenne, du marché de l’énergie…). Ces problématiques -que sont la lutte contre le réchauffement climatique et la gestion raisonnée de l’énergie- évoluent dans des contextes complexes et variant d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, d’une ville à l’autre. Si souvent l’engagement d’une ville vers une politique énergétique durable repose sur quelques acteurs de la ville, nous avons observé l’existence de moyens extérieurs visant à encourager l’implication des villes comme l’échange d’expériences, la valorisation d’une gestion durable de la ville au niveau européen, la participation à des projets européens, les lois sur l’énergie. L’association Energie-Cités s’inscrit dans cette démarche à l’échelle européenne à l’aide de sa base de données de bonnes pratiques, ses différents projets (Model, Display, Reve Jura-Léman, Imagine…) et sa voix auprès de la Commission Européenne. A l’échelle nationale, le CREM et l’association « Cités de l’Energie » (en Suisse), OER (en Roumanie), EnEffect (en Bulgarie) ou encore FEWE (en Pologne), sont d’autres exemples d’acteurs promulguant la durabilité énergétique dans les villes.

Presov (Slovakia)

A travers le projet ChallenGES Tour, nous avons identifié plusieurs actions entreprises par les villes qui contribuent à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Après une mise en forme des informations recueillies à notre retour en France, nous les diffuserons à chaque ville visitée et peut-être à d’autres avec l’aide de l’association Energie-Cités.

Sighisoara (Romania)

En attendant, nous vous souhaitons une très bonne année 2008. Gageons que celle-ci sera toujours plus viable, vivable et équitable, dans le domaine de l’énergie. Espérons aussi qu’elle sera marquée par un engagement toujours plus important et des innovations toujours plus nombreuses portés par nos villes autant que par les autres acteurs de la société.

mardi 25 décembre 2007

Cadeau de Noël !

Joyeux Noël !


ChallenGES Tour vous souhaite à toutes et à tous de joyeuses fêtes et a pensé à vous pour Noël. Et oui, vous qui avez raté quelques unes de nos aventures parce que vous n’aviez pas Internet avant Noël, vous qui n’aviez pas encore trouvé l’adresse, vous qui avez envie de relire quelques articles mais ne saviez pas lesquels choisir, ou encore et surtout vous qui n’aviez pas eu le temps ou l’idée de consulter le blog régulièrement mais qui êtes curieux de savoir ce qu’on a bien pu faire pendant 4 mois tout en vous disant que ce sera trop long de reprendre tout depuis le début…

Voilà ici une petite sélection des 6 articles préférés des lecteurs, vous pouvez en lire un par jour ou tout d’un coup si vous êtes impatient(e). Et si ça vous a donné l’eau à la bouche, le goût d’en savoir plus ou l’envie de voyager : vous pouvez en piocher parmi les 9 autres articles cités parmi les préférés avec des intérêts particuliers pour leurs photos, l’actualité, … Voire parmi tous les autres…


Les 6 titres préférés (un peu remixés)

Roumanie
Dracula : instigateur d’un esprit pionnier ?

République Tchèque
L’homme et la taupe : un ancêtre commun proche ?

Slovaquie
Les héritages du communisme

Pologne
Energies renouvelables : le défi polonais

Allemagne
Deux quartiers
« star »

Suisse
Un petit Martigny ça vous dit ?


Nous espérons avec cela vous faire partager un peu du voyage et de nos découvertes. Tout d’abord, ce que nous étions venu cherché : des initiatives prises par des villes dans le but de limiter leurs émissions de gaz à effet de serre. Mais aussi ce qui constitue sans doute notre plus grande découverte : la prise de conscience du rôle essentiel joué par (ou que devrait jouer) les collectivités locales (en particulier les villes) dans la lutte pour la limitation des émissions de gaz à effet de serre et dans le domaine de l’énergie (qui est très lié mais pas en tous points, et est d’aussi grande importance). Un petit texte dans lequel vous trouverez des éléments de réponse.

Bonne lecture


Bonus
Vous les trouverez dans les archives à droite en parcourant les articles par mois
(cliquez sur la petite flèche à gauche du mois)

(République Tchèque) Prague en images

(Actualité) Réchauffement climatique : Le prix Nobel de la paix

(Slovaquie) Prešov, une ville qui se projette dans l’avenir

(Energie-Cités) Une BISE porteuse d'espoir

(Pologne) En attendant le froid

(Belgique) Bilan d’Anderlecht

(Actualité) La crise politique belge

(France / Nancy) Le comportement à la base de l’action à Jarville

(Allemagne) Freiburg good morning

vendredi 21 décembre 2007

Braşov, ville prophète en son pays

Après un premier aperçu de la Roumanie avec Sighişoara, on se devait de faire un détour par la (dix fois plus) grande cité de Braşov. Figurant parmi les grandes villes de Roumanie, elle possède bien des atouts et des particularités qui en font une ville très visitée.

Braşov est située aux confins du coude des Carpates roumaines, en Transylvanie, ça vous rappelle quelque chose ? Ou quelqu’un peut-être… Il nous a fallu beaucoup de courage et de bravoure pour oser venir nous aventurer dans l’ancien fief du comte Dracula. Mais pour ChallenGES Tour, une mission est une mission. Et le jeu en vaut la chandelle.

En effet, Braşov est considérée comme une ville pionnière en matière de gestion de l’énergie en Roumanie.

La piata Sfatului
La place principale du centre historique arbore un gigantesque sapin de Noël
et de nombreux sponsors


Un cadre dynamique

Braşov est aujourd’hui une ville de 300 000 habitants. Elle s’est construite et enrichie en plusieurs siècles grâce à sa position au carrefour de routes commerciales importantes. Au 20e siècle, durant l’époque communiste, c’est son activité industrielle qui contribua à son essor. Des milliers de paysans et d’ouvriers agricoles sont alors arrachés de leur campagne pour venir participer à l’industrialisation forcée (1950-1960). Celle-ci s’est nettement amoindrie depuis la Révolution de 1989.

Un coin cristallin

Aujourd’hui, c’est le développement des services qui prédomine. Le tourisme en particulier, est une activité florissante ici. C’est l’une des 2 villes les plus visitées, avec Bucarest. Les voyageurs y viennent pour sa richesse culturelle et architecturale, autant que pour les loisirs sportifs qu’elle offre (ski, randonnée…), le tout dans un cadre serein. Elle dispose notamment d’une station de ski très prisée en Roumanie, Poïana Braşov. La ville possède une activité économique très dynamique et les investisseurs (notamment allemands et américains) affluent.

2003, la naissance de la première agence locale de l’énergie en Roumanie

Historique d’après ce que l’on nous a raconté : À la suite de sa participation à un séminaire à Londres en 2002, le maire (de l’époque) rapporte de la documentation sur Energie-Cités qu’il fait traduire par le service de la mairie des Relations Internationales. Il s’en suit une volonté de ce maire de créer une agence de l’énergie à Braşov. En partie par le travail et la volonté de Mme Camelia Raţa, elle est créée en 2003 dans le cadre du programme européen SAVE II. Ce programme soutenait la création d’agences en coopération. Une agence à Grenoble et une agence au Portugal étaient les partenaires de l’ABMEE (nom de l’agence de Braşov, Agence pour le management de l’énergie et la protection de l’environnement de Braşov). Soutenue financièrement à 40 % par le programme européen pendant 3 ans, l’agence a survécu après la fin du programme et semble avoir pris le chemin de la pérennité.

Aux abords de la mairie, les mosaïques paradent

Pourtant, cela n’a pas toujours été facile. En 2004 en effet, le changement de maire fait perdre un soutien important de l’agence à la mairie. Elle garde cependant un lien étroit avec la mairie par l’intermédiaire de l’un des deux maires adjoint. Mais aujourd’hui, le maire actuel semble être prêt à soutenir plus fortement l’agence. Ce soutien est important car l’an prochain (2008) viennent les prochaines élections et le maire actuel a de grandes chances d’être réélu. Un contrat sera probablement signé entre les deux parties et devrait ainsi asseoir un peu plus encore l’agence dans le paysage.

Le secret de la « longévité » (si l’on puit dire)

5 personnes travaillent aujourd’hui à l’agence. Et pour maintenir une telle équipe en place, la principale difficulté est probablement financière. Les trois premières années étaient donc financées à 40 % par le programme SAVE, pendant que la mairie assurait 50 % des autres revenus de l’agence (les 10 % restants provenant d’autres partenaires). Ensuite, l’agence est assurée du soutien financier de la mairie quand elle entreprend des projets qui s’inscrivent dans la démarche de l’Agenda 21 de la ville (qui date de 2005). Mais elle continue aussi de mener des projets soutenus par la Commission Européenne (qui prend en charge entre 50 et 85 % des frais des projets retenus). Ceci offre évidemment de très belles perspectives mais aussi beaucoup de travail (ce qu’on a pu constater cette semaine : l’équipe, en vacances, était malgré tout au bureau).

Camelia Rata à gauche, ChallenGES Tour et le secrétaire d'OER à droite

De plus, l’agence travaille depuis le début principalement pour la ville de Braşov et entretient des liens étroits avec l’ensemble de l’administration. Ce dernier point est fondamental selon Camelia (l’un des secrets de la pérennité de l’agence). La directrice actuelle, Camelia Raţa, a travaillé précédemment dans cette même administration ce qui l’aide dans le relationnel.

L’agence au cœur des réseaux

L’agence de management de l’énergie (= ABMEE) de Braşov est la seule entité compétente dans le domaine du management de l’énergie qui est liée à la ville. En ce sens, elle est devenue l’interface de la municipalité dans ses relations avec l’association européenne Energie-Cités et le réseau Orase Energie Roumanie (OER, réseau de 35 villes roumaines sur le modèle d’Energie-Cités mais à l’échelle nationale).

La ville de Braşov est un membre actif d’Energie-Cités et a cette année organisé en avril sa grande conférence annuelle (l’agence et l’équipe d’Energie-Cités). Elle a aussi organisé d’autres évènements comme les deux premiers forums BISE. Elle va participer au projet MODEL (« la municipalité comme modèle pour ses citoyens ») qui est d’ailleurs coordonné en Roumanie par l’ABMEE.

La ville de Braşov est l’actuelle présidente du réseau OER et organise donc des rencontres entre villes membres. Ce réseau (dont Camelia est le directeur exécutif) assure notamment la diffusion des projets de l’Union Européenne et de bonnes pratiques au sein d’une base de données.

La seule rue piétonne de la ville : la rue de la République


Coup de projecteur sur quelques projets de l’ABMEE sur le territoire de Braşov

Pour vous éclairer sur les activités de cette agence, voici quelques morceaux choisis :

- La semaine de l’efficacité énergétique. En septembre 2006, l’agence a lancé cette semaine sous le signe de la communication et de la discussion autour de l’efficacité énergétique. La campagne Display® a ainsi été lancée dans la ville, avec les premiers affichages de performances sur 3 écoles. L’école des Arts a alors réalisé des peintures sur le thème et une école spécialisée dans le sport a organisé un match de Hand : les « Eteignez la lumière » contre les « Fermez le robinet ». Le forum BISE a été organisé cette semaine aussi. Enfin, ce fut l’occasion de donner les premiers de coups de pédale du premier Info Point Energie de Roumanie (ouvert cette semaine là). Ce point Info propose un accueil à toute personne intéressée par le sujet (notamment en ce qui concerne son propre habitat) par l’équipe de l’agence et dispose de documentation.


Plusieurs points d'intérêt sur cette photo : Une ébauche de l'antre de la tannière de Dracula (très incertain) à gauche. En haut de la montagne, Brasov se la joue Hollywood (avec de bons yeux). Et à droite sur le bâtiment : un grand poster de la campagne Display affichant les performances énergétique de cette école.
Zoom

- Mise en place d’une stratégie énergétique pour la ville (faisait partie des missions de l’agence à sa création, comme à Sighişoara).

- Projet : « Développement durable dans un environnement propre à Braşov ». Il s’agit d’un projet de promotion de la qualité de l’air comprenant une analyse de cette qualité et réalisation d’une carte, la mise en place d’une stratégie de management de cette qualité et enfin de campagnes de sensibilisation concernant les mesures simples à adopter par les citoyens pour améliorer la qualité de l’air. Parmi les opérations de sensibilisation, un concours entre écoles (âge fin de collège) a été organisé. Deux représentants de chaque école se prêtaient à divers questionnaires sur le sujet de la qualité de l’air. Une question (ou plutôt une réponse) a particulièrement retenu l’attention des organisateurs et des politiciens de la ville : « Si vous étiez maire 1 journée, que feriez vous ? ». Ce à quoi tous les participants ont répondu en premier : « Nous mettrions à disposition plus d’informations et de connaissance sur le sujet de la qualité de l’air »…

Les jeunes sont donc réceptifs et même avides de connaissance sur le sujet et sur les autres problématiques environnementales : n’est ce pas une bonne nouvelle ?

Palette de couleurs

Etre pionnier, ça signifie se mouvoir dans un environnement qui fait face à l’inconnu et peut réagir parfois de façon hostile. Pour avancer, un engagement considérable et une persévérance continue sont alors indispensables. A Braşov, l’Agence locale du management de l’énergie a bénéficié de la volonté et de la motivation de quelques personnes pendant plusieurs mois pour être créée. Elle a aussi bénéficié de l’expérience d’autres pays européens. Avec le temps, le nombre de sympathisants (personnes convaincues de l’utilité) de l’agence n’a cessé de croître ce qui fait qu’aujourd’hui, elle a trouvé pleinement sa place dans cet environnement.

dimanche 16 décembre 2007

Sighişoara, une ville roumaine au début d’une époque nouvelle

Un voyage d’un week-end nous a conduit en Roumanie, à la découverte d’un pays fraîchement entré dans l’Union Européenne (1er janvier 2007). Le voyage en train augurait un pays bien différent des précédents avec des villages perdus dans une campagne assez vaste et assez peu de villes finalement. Si 80 % de la population européenne est urbaine, en Roumanie, ce taux est de 50 %. D’autre part, nos précédentes rencontres nous on souvent fait part de leurs a priori (plutôt négatifs) au sujet de la Roumanie se qui a aiguisé notre curiosité.

La ville peut se voir de haut

La première ville qui nous a accueilli est Sighişoara, petite ville de 32000 habitants, connue
pour sa citadelle médiévale qu’elle a préservée à travers les âges. Celle-ci lui offre un potentiel touristique intéressant, qui n’est pas complètement exploité aujourd’hui. Nous étions en contact avec Mme Daniela Oprea du département responsable de la construction de projets pour le développement stratégique de la ville. Ce département nous a éclairé sur les nouvelles orientations de la ville, et en particulier sa volonté de s’inscrire dans une démarche de développement durable, notamment dans le domaine de l’énergie.

D’un premier agenda 21 local à un plan stratégique de développement durable

En 2003, la ville a fait l’expérience d’un premier plan local pour son développement durable. Plusieurs acteurs ont contribué à la réalisation de ce document.

- Un comité local de direction, constitué de 23 personnes de divers horizons (le maire, médecin, prêtre, représentant des médias, inspecteur de la protection de l’environnement, …)

- Un bureau local pour l’agenda 21 (créé pour cela). Il est composé de Daniela Oprea et Victor Moldovan.

- Une consultance du centre national du développement durable composé de 8 personnes (agence nationale de l’United Nations Development Program)

- 4 groupes de travail de 5/6 personnes sur l’économie, le social, l’environnement et la citadelle/tourisme/monument. Ils sont constitués de personnes de divers horizons.

Le bureau du departement integration europeenne
Daniela Oprea et Ana Maria

L’agenda présente d’abord un état des lieux de la ville concernant par exemple ses ressources naturelles, ses activités économiques, la société civile … A partir de cela, des objectifs sont définis ce qui donne lieu à la mise en place d’un plan d’action en dégageant des projets prioritaires.

C’était un premier pas qui dégageait des objectifs principalement dans le domaine du social (aide aux bas revenus, mise en place d’un centre d’accueil de jour pour les personnes âgées seules…), de la salubrité (réhabilitation des canalisations d’eau dans certains secteurs), de l’attractivité de la ville (vis-à-vis des investisseurs et des touristes).

Une eglise Orthodoxe (religion principale en Roumanie)

Les projets prioritaires ont été ou sont en partie mis en place. Après cette première expérience, la ville souhaite aller plus loin en se dotant d’un nouveau plan stratégique de développement.

Celui-ci sera élaboré dans le cadre du programme PHARE (programme européen à l’attention des pays non membres de l’Union Européenne, mais la démarche a été lancé avant l’entrée de la Roumanie). Ce plan intégrera de nouveaux éléments par rapport à l’agenda 21. Tout d’abord, le management de l’énergie, notion plutôt émergente en Roumanie, et notamment à Sighişoara, sera pris en compte. Ensuite, l’accent sera mis sur la concertation, en particulier avec la population. Ce point très important a toujours été négligé jusqu’à présent et est peut être source de conflit et de mécontentement. La ville ne dispose que de très peu d’expérience dans le domaine de la communication avec les habitants. Cependant, outre des rencontres prévues avec les acteurs économiques, la société civile, etc., le comité de pilotage du projet (en cours de création) a prévu des séances d’information et de discussion avec la population. Une importante collecte de tous types de données est prévue dans les quartiers. Les données collectées porteront sur l’emploi, la mobilité, … et peut-être sur la consommation d’énergie, la rénovation de l’habitat, etc.

La mairie perchee dans la citadelle

La quatrième (sur six) agence locale de l’énergie de Roumanie est née

Si, comme on nous l’a souvent répété, la gestion de l’énergie est un domaine qui est au début de sa prise en compte, la ville de Sighişoara figure désormais parmi les pionnières dans ce domaine en Roumanie. En effet, elle vient de créer son agence locale de management de l’énergie (en 2006). Celle-ci vient même de recevoir l’agrément de la Commission Européenne (novembre 2007) dans le cadre du projet Intelligent Energy Europe.

Intelligent Energy Europe : qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’un programme européen qui vise à supporter la création d’agences locales de l’énergie dans le cadre d’un partenariat entre plusieurs territoires. Ces territoires doivent chacun se doter d’une agence, et ces agences coopèrent ensuite dans leurs activités. En cas d’acceptation du dossier par la Commission Européenne, les différentes agences reçoivent des fonds pendant 3 ans pour les frais de personnels et quelques frais matériel. L’agence doit atteindre des objectifs qu’elle s’est fixés et en rendre compte à l’aide de rapports annuels. Elle doit aussi se maintenir 5 années supplémentaires sans l’argent de la Commission (sous peine de devoir tout rembourser !).

Le projet était à la base coordonné par la Communauté Urbaine du Grand Nancy, mais celle-ci a dû rendre son tablier à la suite de problèmes (les explications sont restées floues). Les autres participants sont italiens : la province de Frosinone (nouveau coordinateur) et la ville de Parme.

Un mode de transport ecolo ?

Comme il n’y a pas de véritable responsable de la gestion de la consommation énergétique à la mairie de Sighişoara, c’est l’agence qui s’en chargera. D’ailleurs M. Mihai Maior (directeur de l’agence) a pour objectif de créer un plan d’efficacité énergétique pour la ville. La réalisation des objectifs fixés dans le cadre du programme Intelligent Energy Europe débutera en janvier 2008. Pour votre gouverne, les voici :

L’objectif général de l’agence : la promotion de l’utilisation efficace de l’énergie dans la zone couverte (où vivent environ 100 000 habitants). Les sous objectifs :

  1. Création d’une base de données sur les ressources d’énergie existante
  2. Estimation de l’utilisation d’énergie
  3. Rédiger une stratégie
  4. Encourager l’utilisation de sources d’énergies non conventionnelles
  5. Sensibiliser la population sur la nécessité de l’utilisation efficace de l’énergie
  6. Assistance technique dans le domaine d’activité (de l’efficacité énergétique) pour les autorités locales et ONG
  7. Designer et mettre en place les projets

Le soleil se couche en avance ici

Sighişoara et ses 32000 habitants est une ville en mutation, notamment concernant la prise en compte de la gestion de l’énergie, mais aussi dans d’autres domaines tout aussi fondamentaux. L’un des moteurs de cette mutation est la création de projets (notamment dans le cadre de programmes européens). Le succès repose autant sur la volonté politique que sur la motivation des acteurs concernés, en particulier le département de Daniela Oprea que nous remercions particulièrement pour sa coopération.